lundi 10 décembre 2007

Dimanche 2 décembre : La Cueca

A l’autre extrémité du port, il a une place où les gens dansent la cueca, une danse traditionnelle chilienne. Elle se danse avec des mouchoirs et il s’agit en gros d’un jeu de séduction entre l’homme, qui imite le coq, et la femme, qui imite la poule. C’est très amusant à regarder et vraiment tous les chiliens savent danser cette danse.


Toutes les générations participent, même les jeunes !

Nous restons assez longtemps à observer les danseurs et un monsieur m’invite à danser. Il m’apprend les pas de base, mais je ne suis pas sûre de très bien y arriver ! En tous cas, je vais m’entraîner.



Dimanche 2 décembre : San Antonio

Aujourd’hui, nous avions prévu de partir tôt, mais personne n’a mis de réveil. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est moi qui me réveille la première (vers 10h30 quand même), et je me fais un plaisir de réveiller les autres ! Nous prenons un bus qui longe la côté pour descendre vers le sud, jusqu'à San Antonio, « le premier port du Chili » d’après les affiches qui annoncent l’entrée dans la ville. Le trajet le long de la côte est très impressionnant car notre petit bus longe des falaises, et nous voyons les vagues se fracasser sur les rochers en bas. Mais c’est quand même très joli. Le bus nous dépose devant le port, et là surprise, il y a plein de pélicans et d’énormes phoques sur les rochers devant le port.



C’est très amusant mais l’odeur de poisson est assez difficile à supporter donc après quelques photos, nous partons faire les petites boutiques du port (et acheter d’autres bijoux). En tous cas, l’ambiance est très animée car nous sommes dimanche matin et le port nous plait beaucoup.

Samedi 1er décembre : Isla Negra

Ce week-end, nous avions décidé de partir faire un petit voyage de deux jours, et après une décision démocratique, nous avions opté pour la côte Pacifique. Je m’étais occupée de nous réserver un petit hôtel de charme (lol) et nous voilà partie, à 5 filles (Aude, Perrine, Manoelle, Pauline et moi). Première étape, le terminal de bus de Santiago, auquel nous arrivons après avoir pris deux lignes de métro. Là, nous achetons nos billets (nous n’avions pas réservé car nous avons du mal à partir à l’heure quand nous fixons un horaire), il y a un bus dans 40 minutes. Après deux heures de bus (et la traversée de paysages désertiques et de petits villages typiques), nous voici à Isla Negra, la ville où mourut le grand écrivain chilien Pablo Neruda. Le principal attrait de la ville est la maison où il vécut (visite guidée très intéressante).

Il y aussi des œuvres d'art un peu bizarres dans la ville (Aude ne fait pas partie de l'œuvre d'art)...


Enfin, il y a aussi bien évidemment une feria, et nous craquons (presque) toutes pour des bijoux en lapiz-lazuli. Après la visite de la ville, nous voulons aller à la plage, mais celle d’Isla Negra n’est pas très jolie. Renseignements pris, nous prenons un petit bus pour aller jusqu’au village suivant (El Quisco), beaucoup plus grand et avec une très jolie plage.


Nous allons toucher l’eau, mais elle est vraiment trop froide ! En plus, les vagues sont assez dangereuses ici.


Après une petite sieste, nous rentrons à Isla Negra pour le coucher de soleil… Magnifique !


Par contre, notre hotel de charme est fait une simple cabane (cabaña), et il y a des chenilles dans la douche (dont l’évacuation d’eau se fait par un trou au pied du mur de la salle de bains, directement sur le côté de la cabane). Nous nous contentons donc du brossage de dents et espérons que nous n’allons pas attraper de puces pendant la nuit (le couple de belges en a attrapé à Recoleta). C’est vrai que pour 5 € par personne, nous ne pouvons guère espérer mieux !

Vendredi 30 novembre : terrain avec Christina

Dans le cadre de ma mission « rédaction de manuels », je dois suivre les assesseurs de crédit dans leur travail pour observer ce qu’ils font vraiment dans leur travail quotidien (il y a parfois des différences entre ce qu’ils disent qu’ils font et ce qu’ils font vraiment). Je pars donc avec Christina, qui s’occupe des quartiers nord de Santiago. Ce qui est bien avec Contigo, c’est que je vais connaître tous les quartiers pauvres de Santiago ! Aujourd’hui, nous allons sur une feria où Christina fait de la promotion depuis déjà plusieurs mois. Quasiment un vendeur sur deux est un client de la Fondation et Christina me les présente tous ! C’est vraiment une bonne expérience pour moi de voir cette feria où quasiment tous les clients de Contigo sont contents de leurs crédits, accueillent Christina avec un grand sourire, et recommandent la Fondation à leurs amis. Ce sont en fait les clients actuels qui font la meilleure promotion ! Le contraste avec la feria de Recoleta où j’étais mardi est frappant. Mardi, les gens n’avaient jamais entendu parler de Contigo, comprenaient difficilement ce qu’est le micro-crédit et n’étaient pas très enthousiastes. Voir une feria où les étalages des clients de Contigo sont bien fournis me motive pour faire la promotion à Recoleta. Dans quelques mois, la feria de Recoleta pourrait être semblable à celle-ci.

Jeudi 29 novembre : dîner chez Constance

Aujourd’hui, après ma journée de travail, je vais directement chez Constance, une autre volontaire qui organise un apéro chez elle. Elle a habité plusieurs mois dans la maison des volontaires de Recoleta et habite maintenant dans un des quartiers chics de Santiago, avec deux autres chiliens. Nous passons une soirée très sympa. Je partage mes souvenirs de Nouvelle-Zélande avec le couple de belges qui est lui aussi allé en Nouvelle-Zélande cette année (ils ont sauté en parachute au même endroit que Cécilia et moi !) et le coloc chilien de Constance nous parle de sources d’eau chaude naturelles à 2 heures de Santiago (dans les Andes). J’avais déjà « repéré » ces sources dans mon guide donc ça nous fera une destination de week-end. En attendant, nous avons déjà prévu d’aller sur la cote Pacifique ce week-end…

Jeudi 29 novembre : définition de mes missions à Contigo

J’avais aujourd’hui rendez-vous avec le directeur de la banque pour définir mes missions à Contigo, donc mes missions sont maintenant définies. En fait, je vais faire d’une part de la promotion sur le terrain, et d’autre part du travail de bureau. En ce qui concerne la promotion sur le terrain, il s’agit de distribuer des tracts sur la feria, comme nous l’avons fait hier avec Aude par exemple, et d’assurer la permanence dans les municipios, ce que je ferai a priori une matinée par semaine. Quant au travail de bureau, j’aurai une mission courte et une mission longue. La mission courte consiste à rédiger un document d’une ou deux pages pour les bénéficiaires d’un crédit, qui leur explique de façon assez simple pourquoi ils ont intérêt à payer sans retards et ce qui les attend s’ils payent avec retard… La mission longue consiste à rédiger différents manuels sur les pratiques de la Fundacion Contiguo. Les employés fonctionnent beaucoup à partir de leur expérience et les politiques de crédit sont régulièrement mises à jour, ce qui fait qu’il y a parfois des incohérences entre ce que font les différentes personnes du bureau. Mon travail consiste à déceler ces incohérences et à rédiger des manuels donnant noir sur blanc les règles, afin que les employés aient un document auquel se référer quand ils ont un doute. De plus, ces manuels serviront pour former les nouvelles recrues ou les volontaires ! Ce travail de longue haleine a été commencé par un volontaire en mai 2007, puis continué par un deuxième volontaire, et j’espère que je pourrai le terminer complètement ! Il y a pour l’instant des tables de matière très détaillées pour chaque manuel, mais toute la rédaction reste à faire… Bref, entre ces différentes missions et la bibliothèque, je ne devrais pas m’ennuyer.

Mercredi 28 novembre : entretiens JP Morgan

Aujourd’hui, je vais aider Aude dans l’une de ses missions à Contigo. La Fondation JP Morgan a fait une donation importante à Contigo il y a un an et souhaite maintenant un rapport évaluant l’impact réel du micro-crédit pour les clients de Contigo. Aude et Clément (le volontaire dont j’ai repris la chambre) travaillaient ensemble sur ce rapport, qui est maintenant presque terminé. Ils avaient un échantillon de 60 clients à interroger et ont ensuite fait quelques statistiques. La plupart des interviews des clients ont été menées par téléphone, mais 5 des 60 clients n’ont pas pu être joints et Aude et moi devons maintenant aller chez eux (en espérant qu’ils y soient !) pour les interroger. Comme ils vivent tous dans des poblacions, c’est plus sûr d’y aller à deux, donc je me suis « dévouée » pour accompagner Aude. En fait, c’est assez rigolo car nous avons juste une adresse, et nous devons nous débrouiller pour trouver les maisons. Nous faisons nos petites joueuses et prenons des taxis à partir de la station de métro la plus proche. Les chauffeurs de taxi nous demandent tous ce que nous allons faire dans de tels quartiers ! En plus, ici les gens n’ont pas de sonnette (pour ne pas que les enfants s’amusent à sonner chez eux), et les maisons ne donnent pas directement sur la rue (il y a toujours un espace entre la rue et la maison, protégé par une grille ou une palissade en bois). Quand nous arrivons devant la maison, nous devons donc crier « hola » jusqu’à ce que quelqu’un arrive… En plus, comme nous n’avons pas prévenu les gens de notre visite, la plupart ont peur de nous et ne veulent pas nous ouvrir. Ils pensent qu’on vient leur réclamer quelque chose ! Finalement, notre matinée est plutôt un succès, car il y avait quelqu’un partout où nous sommes allées. Par contre, ce n’était pas toujours le bénéficiaire du crédit, donc nous n’avons pas pu faire toutes les interviews. Toutes les personnes nous ont confirmé qu’elles n’avaient plus le téléphone pour des raisons financières, et la plupart ont fermé le commerce pour lequel elles avaient demandé un crédit. JP Morgan ne va pas être très content ! ;) Mais les résultas globaux de l’enquête sont heureusement plus réconfortants puisque la plupart des personnes interrogées estiment que leur crédit les a aidés à développer leur activité. En tous cas, nous avons découvert de nouveaux quartiers de Santiago !